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Médecine Physique 1972;15:262-74 Articulations interapophysaires et pathologie douloureuse commune du rachis R Maigne
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Anatomie / Anatomopathologie des douleurs articulaires postérieures / Douleurs liées à une lésion des articulations interapophysaires / Examen clinique / Traitement / Observations
Si l'on invoque fréquemment
la responsabilité du disque dans la pathologie douloureuse traumatique
ou dégénérative de la colonne vertébrale, on a
peu tendance à l'heure actuelle à faire jouer un rôle
aux articulations interapophysaires. Sans doute accuse t’on parfois
l'arthrose articulaire postérieure, ou parle t’on d'entorse vertébrale
ou vertébro-discale, mais cela reste rare.
Il nous paraît cependant qu'il
faille envisager plus largement la responsabilité des articulations
interapophysaires dans bien des algies vertébrales communes. Cela ne
signifie pas que leur atteinte soit forcément primitive. Les arguments
dont nous disposons nous pousseraient au contraire à penser qu'il s'agit
le plus souvent d'une pathologie secondaire à des lésions discales
muettes par elles mêmes.
Les articulations interapophysaires
ont une forme et une orientation qui varie selon les différents étages
du rachis. Elles conditionnent l'amplitude et la direction des mouvements
(fig.
1) de chaque
segment vertébral. Leur capsule articulaire est dense, large, assez
élastique et les recouvre comme une coiffe.

Sur un plan anatomique, notons que
cette articulation affecte des rapports très intimes avec la branche
postérieure du nerf rachidien qui la contourne. Cette dernière
innerve tous les plans postérieurs du dos : cutanés, musculaires,
articulaires et ligamentaires de l'occiput aux coccyx (Lazorthes).
Sur un plan fonctionnel, soulignons l'étroite solidarité fonctionnelle au sein du « Segment Mobile » qui va lier la partie antérieure (le disque) avec la partie postérieure (les articulations interapophysaires). Celles ci s'écartent dans les mouvements de flexion, se rapprochent dans les mouvements d'extension ou jouent asymétriquement dans les mouvements de torsion ou de latéro-flexion.
B)
Anatomopathologie des douleurs articulaires postérieures
La lésion
articulaire peut être dégénérative,
mécanique, malformative ou inflammatoire.
1)
Dégénérative
L'arthrose
peut être primitive comme cela peut se voir au
niveau du rachis cervical,mais le plus souvent, elle est secondaire à
la détérioration structurale du disque, comme par exemple dans
le syndrome de la post-ménopause (de Sèze et Caroit), où les articulations lombaires
inférieures ont à subir des pressions supérieures à
leurs possibilités par suite de la détérioration discale,
de la laxité ligamentaire et du relâchement musculaire abdominal.
Comme toute arthrose, l'arthrose articulaire postérieure joue le rôle
d'une rouille, favorise les enraidissements segmentaires, les blocages articulaires.
En outre elle subit des poussées inflammatoires. Elle s'accompagne
de réactions périarticulaires.
2) Mécanique
C'est sans doute en modifiant sensiblement
la position du fragment du noyau inclus dans la fissure de l’anulus
que la manipulation peut dans ces cas rétablir un fonctionnement plus
normal de l'articulation et rendre supportables les contraintes qu'elle subit.
Il faut ajouter à cette notion
purement mécanique, celle du dérangement fonctionnel (voir l'article
sur la sémiologie). Celui ci double toujours le dérangement
mécanique, dans le système vertébral qui fonctionne entièrement
sous le signe de l'automatisme. Le raté dans un mouvement entraîne
un circuit parasite, dont la contracture est l'élément le plus
palpable. Il semble même que cet élément fonctionnel soit
souvent plus important que l'élément mécanique et qu'il
puisse lui survivre. La contracture permanente tend ici à verrouiller
le conflit et à entretenir le disfonctionnement segmentaire, donc la
souffrance articulaire. Cela crée un cercle vicieux. La manipulation,
en inhibant la contracture par l'étirement brusque qu'elle apporte,
peut la faire cesser. Ailleurs, on pourra agir par d'autres procédés
(étirement, physiothérapie, infiltrations, etc. ).
Enfin, toute articulation en dysfonction
chronique et à plus forte raison si elle subit des poussées
inflammatoires, présente des réactions périarticulaires,
sensibles et enraidissantes. Les articulations interapophysaires n'y échappent
pas. Cela provoque l'irritation de la branche postérieure du nerf rachidien.
3) Malformations articulaires
Elles peuvent jouer un rôle de facilitation dans
la pathologie mécanique ou dégénérative de ces
articulations. Nous renvoyons au rapport de C. Gillot qui, étudiant
les articulations interapophysaires lombaires, a pu trouver avec une grande
fréquence des malformations : asymétrie articulaire, existence
de crêtes horizontales qui sont susceptibles de favoriser des blocages
articulaires, d'autant qu'à ce niveau les articulations ont des formes
de demi cylindre qui ne peuvent guère que glisser en flexion extension.
4)
Rhumatismes inflammatoires
Nous ne ferons que mentionner ici, car cela sort du cadre de cet article, l'atteinte rhumatismale des articulations cervicales. C'est un signe habituel du Rhumatisme Inflammatoire de l'enfant, mais elle est assez fréquente dans la polyarthrite rhumatoïde de l'adulte. Elle peut parfois être précoce, mais c'est le plus souvent un symptôme tardif survenant chez un rhumatisant traité depuis longtemps. Elle peut entraîner des manifestations très diverses, de la simple cervicalgie aux complications neurologiques graves. Elle peut aboutir à des luxations atloïdo-axoïdiennes, et plus rarement à des luxations cervicales moyennes (C3-C4 et C4-C5). Dans la pelvispondylite, les articulations interapophysaires sont régulièrement touchées, l'évolution se faisant en trois stades : ostéoporose puis érosion des facettes avec pincement de l'interligne et enfin ankylose avec ossification de la capsule.
C) Douleurs qui peuvent être liées à une lésion des articulations interapophysaires
Il est intéressant
de savoir quelles sont les douleurs qui peuvent être provoquées
par la souffrance d'une articulation interapophysaire.
1) Douleurs
locales : irritation directe de l'articulation
Celle ci, comme l'a montré
Taillard en opérant sous anesthésie locale au niveau du rachis
lombaire, provoque des douleurs locales, et des douleurs irradiées qui ont
une topographie pseudo-radiculaire, suivant le trajet de la racine du même
étage. Certaines sciatiques des spondylolisthésis trouvent leur
origine dans la souffrance des articulations postérieures, comme l'ont
montré Brocher et Taillard. Avec Rageot, nous avons pu en soulager
un certain nombre par la seule infiltration de l'articulation postérieure.
Il est facile de retrouver ces irradiations
par l'infiltration locale. La seule irritation provoquée par l'aiguille
peut provoquer de telles douleurs irradiées, surtout lorsque l'articulation
est pathologique. Par exemple, dans l'observation no 5, l'infiltration de
l'articulation L5-Sl reproduisant exactement une topographie L5, allant jusqu'au
gros orteil qui était celle de la douleur spontanée.
2) Douleurs
régionales : le syndrome de la branche postérieure du nerf rachidien
Ce syndrome décrit par G.
Lazorthes comporte, le nerf étant mixte une souffrance tout à
la fois sensitive et motrice. «La contracture paravertébrale
est la conséquence de l'irritation de ce nerf ; elle résulte
d'un véritable réflexe régional en réponse à
l'irritation des fibres de la sensibilité proprioceptive d'origine
articulaire».
Dans les cas chroniques, on pourra
rencontrer dans son territoire d'innervation le même syndrome cellulo-myalgique
que nous avons décrit dans les atteintes radiculaires telles que sciatiques,
cruralgies ou NCB (voir Rapport sur les Dérangements intervertébraux
et leur sémiologie). C'est surtout sous la forme d'une bande de cellulalgie
suspendue qu'on le
trouvera ; elle a quelques centimètres de hauteur et s'étale
obliquement à la partie externe du clos. Il faut se souvenir que le
territoire d'innervation cutanée des branches postérieures dorsales
et lombaires se situe

Fig. 2 : Innervation des plans cutanés du dos
par la branche postérieure des nerfs rachidiens
A) Branche
postérieure du 7e nerf rachidien dorsal.
B) Point d'émergence
superficielle du rameau cutané.
C) Zone d'innervation
cutanée de ce nerf (D7).
D) Branche
postérieure du 12e nerf rachidien dorsal.
E) Point d'émergence
superficielle du rameau cutané.
F) Zone d'innervation
cutanée de ce nerf (D12).
Le tracé
est schématique. Ne figure pas sur ce dessin le rameau musculaire qui
innerve les muscles paravertébraux.
Nous ne reviendrons pas sur l'examen
du segment vertébral exposé dans un autre article de ce même
numéro des Annales ; l'examen des articulations interapophysaires n'en
n'est qu'une partie.
L'irritation
de la branche postérieure du nerf rachidien est en pratique la conséquence
directe de la souffrance articulaire et périarticulaire postérieure.
L'examen n'en est pas très facile. Cependant, il est un signe qui nous
parait très évocateur de la souffrance chronique de ce nerf
: c'est l'existence de la bande de cellulalgie suspendue que nous venons de
décrire. On la recherchera avec attention par le palpé-roulé
des plans cutanés du dos et des fosses iliaques. Elle aura un intérêt
si elle est bien isolée dans un territoire normal et si elle est unilatérale.
La manoeuvre du pincéroulé reproduit assez souvent la douleur
spontanée du patient. Il faudra alors examiner avec soin l'étage
vertébral correspondant en se rappelant le décalage d'étage
et en sachant que les superpositions de territoire sont la règle pour
les étages voisins.
L'examen radiologique, que nous ne traiterons pas ici, est le complément indispensable de l'examen clinique.
Nous rappellerons que l'atteinte
articulaire postérieure est le plus souvent la conséquence d'un
dérangement du segment mobile, dont une lésion discale est responsable.
Dans la plupart de ces cas, le traitement est donc manipulatif. Il rétablit
un meilleur équilibre fonctionnel, par action mécanique ou réflexe
sur la contracture ou par action sur les deux et fait disparaître la
souffrance articulaire postérieure. La manipulation agit aussi comme
elle le fait sur les articulations des membres, sur les raideurs périarticulaires
et nous savons que les lésions traumatiques ou arthrosiques des articulations
interapophysaires s'accompagnent aussi de périarthrite, très
facile à palper au niveau du rachis cervical.
Le soulagement obtenu par une manipulation
est souvent immédiat : l'articulation n'est plus sensible à
la palpation, tandis que le patient se sent délivré de sa gêne
ou de sa douleur. Il arrive même que la bande de cellulalgie si sensible
quelques minutes plus tôt au pincé roulé, deviennent aussitôt
indolore.
Ce sont d'ailleurs de tels tests
de contrôle que nous utilisons au cours des traitements manipulatifs
pour juger de l'effet d'une manoeuvre. Si celle ci est bien choisie, et le
cas bien sélectionné, chaque geste apporte un progrès.
Aucun ne doit irriter. Parfois après trois ou quatre séances
de manipulation, on a obtenu une amélioration appréciable ;
mais le patient conserve une gêne ou une douleur. Si l'on constate que
le point articulaire postérieur reste encore très sensible,
on fait à son niveau une infiltration anesthésique. Si celle
ci apporte un soulagement immédiat, le test est positif. Il sera généralement
utile de refaire une infiltration avec un corticoïde retard qui apportera
dans la majorité des cas un excellent résultat. Cela est particulièrement
vrai au niveau du rachis cervical.
Lorsque pour des raisons cliniques
ou techniques, la manipulation ne peut être pratiquée et à
plus forte raison, lorsque l'irritation articulaire n'est pas d'origine mécanique
(poussée inflammatoire d'arthrose, par exemple), nous utiliserons l'infiltration
articulaire (après test anesthésique) en donnant notre préférence
à un corticoïde retard. Cela est tout particulièrement
intéressant au niveau du rachis cervical. Il faut bien entendu que
l'atteinte porte sur un petit nombre d'articulations, ce qui est généralement
le cas.
Il est étonnant de constater
en effet que dans les poussées inflammatoires d'arthrose, il n'y a
le plus souvent qu'une ou deux articulations vraiment sensibles, alors que
l'atteinte radiologique est étendue. Cela est rendue plus vrai dans
la pathologie traumatique ou microtraumatique, où il n'y a le
plus souvent qu'une articulation touchée. Il en va tout autrement dans
les atteintes du rhumatisme inflammatoire.
Technique de l'infiltration
Elle est simple. Il suffit d'injecter à un centimètre et demi de la ligne médiane au niveau du point douloureux à la palpation. L'aiguille est enfoncée perpendiculairement au plan cutané et l'on rencontre le contact osseux à une profondeur croissante selon qu'on s'adresse au cou, au dos aux lombes. Bien que l'orientation des articulations soit différente à chacun de ces niveaux, l'aiguille atteint facilement la capsule qui est très lâche. L'injection reproduit fréquemment, ce qui est un signe favorable, la douleur et l'irradiation habituelle.
Citons quelques observations typiques
:
Obs.
2. M.
S, 65 ans. Présente une importante
cervicarthrose étagée de C4 à Dl portant sur les uncus
et les articulations interapophysaires. Il souffre depuis quatre mois. Il
a été transitoirement un peu calmé par le port d'une
minerve puis par des anti-inflammatoires pris d'une manière quasi continuelle
depuis deux mois, qu'il supporte de plus en plus difficilement.
Obs. 3. Mme S, 30 ans.
Elle présente depuis l'âge
de 14 ans des céphalées occipito-orbitaires dont les crises
sont allées en se rapprochant et en augmentant de durée et d'intensité.
Elles ne sont pas influencées par les règles et l'on De retrouve
aucune cause déclenchante particulière. Des examens et explorations
nombreuses, y compris une artériographie, ont été pratiqués
à différentes reprises car ces céphalées provoquent
un handicap sérieux chez cette jeune femme très active. Point
capital, elles ont toujours la même topographie occipito sus-orbitaire
droite (cette topographie occipito sus-orbitaire unilatérale est pour
nous la topographie la plus fréquente des céphalées cervicales).
Elles se déclenchent souvent le matin. Elles durent un ou deux jours.
Elles sont très mal calmées par le Pyramidon qui était
efficace il y a quelques années. Les multiples traitements essayés,
y compris relaxation et psychothérapie, ont été des échecs.
Il n'y a pas de prodrome, pas de pâleur, pas de vomissements, mais souvent
des nausées. Seul point de l'examen clinique, l'extrême sensibilité
de l'articulation C2-C3 à droite et l'existence d'une importante cellulalgie
localisée à la région sous-occipitale droite. Toutes
précautions étant prises, on entreprend un traitement par manipulations.
A la troisième séance, nette amélioration ; la cellulalgie
est très diminuée, la sensibilité articulaire atténuée,
et il n'y a eu qu'une crise par semaine. Mais malgré la continuation
du traitement manipulatif (six séances en tout), on marque le pas ;
l'amélioration reste très appréciable mais les crises
persistent au rythme de deux ou trois tous les quinze jours et l'articulation
C2-C3 reste encore très sensible et paraît encore augmentée
de volume à la palpation. C'est alors qu'on pratique une injection
intra-articulaire de corticoïdes, ce qui déclenche une crise aiguë
de céphalée de 24 heures, puis la patiente reste trois semaines
sans souffrir, une deuxième injection la laisse un mois sans douleurs
; après une troisième injection, il n'y a plus en de céphalées
(quatre mois de recul).
2) Au rachis
dorsal
C'est le mécanisme le plus
fréquent des douleurs dites « des couturières ».
On rencontre cette algie inter scapulaire d'origine cervicale avec une grande
fréquence dans les traumatismes cervicaux mineurs ou dans les séquelles
de névralgies cervico-brachiales. En fait, ce point douloureux para
D5 ou D6 est l'expression d'une souffrance cervicale quelle qu'en soit l'origine
(bénigne ou maligne) et semble
t’il qu'elle soit discale, articulaire postérieure ou même
intra rachidienne. Il va sans dire que dans l'immense majorité des
cas, elle est de nature bénigne et mécanique.
Ce point
para D6 correspond à l'émergence de la branche postérieure
de D2, toujours plus importante que ses voisines. L'infiltration de celle
ci à
son émergence fait disparaître le point inter scapulaire et parfois,
surtout dans les formes aiguës, la douleur dorsale. Les relais entre
le rachis cervical inférieur et cette branche ne sont pas clairs. Il
semble s'agir du nerf sinuvertébral et d'anastomoses entre les
branches postérieures cervicales et dorsales supérieures.
Mais ce qui est intéressant
ici, c'est qu'il ne faut pas prendre le point inter scapulaire pour la souffrance
de l'articulation interapophysaire sous-jacente. C'est au contraire en infiltrant
l'articulation interapophysaire cervicale si elle est responsable que l'on
peut faire disparaître parfois instantanément le point douloureux
et la dorsalgie.
Voici un cas de dorsalgie d'origine
cervicale :
Mme. Bou... 30 ans.
Une infiltration de Triamcinolone
soulage immédiatement la cervicalgie, et une demiheure plus tard,
le point para D6, si sensible à la pression, avait disparu. Revue quinze
jours plus tard, elle ne souffrait presque plus. Une deuxième infiltration
la débarrassait de ses cervicalgies et de sa dorsalgie rebelle.
Le cas suivant est une dorsalgie
d'origine dorsale :
Mlle Ch…, 42 ans.
3) Au niveau
du rachis lombaire, ce sont surtout des lombalgies, mais parfois
des syndromes pseudo-radiculaires trompeurs qui sont liés à
la souffrance des articulations interapophysaires.
Obs.
4. M. B, 54 ans.
Traité par cinq manipulations, il est nettement
amélioré sur le plan de la mobilité (doigtsol 10
cm.). Il n'a plus d'irradiations douloureuses. Les muscles de la fosse iliaque
externe ne sont plus sensibles. La douleur est moins forte, mais persiste
et est maximale au niveau de la crête iliaque droite, où l'on
note au palpé roulé une zone de cellulalgie très sensible
dont la pression rappelle la douleur résiduelle.
On pense alors à la possibilité de l'irritation de la branche postérieure de D12. Effectivement, on trouve au niveau de l'étage D12-L1 une douleur à la pression latérale contrariée des épineuses et une douleur à la pression au niveau de l'articulation interapophysaire droite. Une infiltration de cette articulation avec un corticoide retard atténue la douleur lombaire qui disparaît complètement après la troisième injection. Cette lombalgie de charnière se doublait donc d'une lombalgie d'origine vertébrale haute, ce qui est loin d'être l'exception.
Obs. 5. M. T, 55 ans.
A l'examen, le rachis est très enraidi, avec une
contracture " cordée" des gouttières paravertébrales
à la flexion antérieure qui est très limitée et
déclenche aussitôt la douleur sciatique. Le Lasègue
est seulement à 70°. Réflexes et force musculaire sont normaux.
Pas de troubles sensitifs objectifs.
Radiolographiquement : importante discarthrose L5-S1
et arthrose articulaire postérieure ; l'espace L4-L5, tout en étant
un peu mince, ne présente aucune lésion visible. Une radiculographie
a été conseillée et c'est avant de la faire qu'il vient
nous consulter.
A l'examen, on note une très vive sensibilité
de la région paravertébrale gauche au niveau de L5. En un point
très précis qui semble correspondre à l'articulation
interapophysaire, la pression du doigt déclenche en gâchette
la douleur irradiée.
G)
Conclusion
La souffrance des articulations
interapophysaires, et le plus souvent d'une seule, nous paraît être
d'une grande constance dans les algies vertébrales communes. La richesse
d'innervation de la capsule, sa contiguité avec la branche postérieure
du nerf rachidien, font que cette souffrance est particulièrement «
parlante ».
La preuve de leur responsabilité
peut être avancée sur les résultats obtenus par l'infiltration
locale. Elles sont particulièrement faciles à explorer au niveau
du rachis cervical.
Leurs lésions peuvent être rhumatismales. Elles peuvent être le siège de poussées inflammatoires d'arthrose. Elles peuvent être atteintes dans les rhumatismes inflammatoires. Mais en matière de pathologie vertébrale commune, les lésions sont essentiellement mécaniques, favorisées éventuellement par la détérioration arthrosique ou des malformations. Il peut s'agir de lésions primitives, blocages intra-articulaires ou entorses vertébrales, dont l'existence reste encore hypothétique. Mais c'est leur souffrance secondaire qui paraît la plus vraisemblable, conséquence de lésions discales ou de hernies discales qui ne sont pas toujours directement symptomatiques.
Le traitement sera souvent manipulatif,
mais dans bien des cas, l'infiltration intra-articulaire rendra de grands
services.
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(Paris)
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