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Thérapeutiques manuelles des contractures musculaires paravertébrales Henri CARDIN, Hôtel-Dieu de Paris
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en ligne : Juin 2006 Dernière modification : 18.06.06 |
La contracture musculaire est une composante fréquente des lombalgies et des dorsalgies et les traitements manuels trouvent ici une bonne indication. Le travail des « tissus mous » (muscles, tendons, mais aussi la peau et le tissu sous cutané) fait partie intégrante de ces traitements. Il est le préalable à une manipulation car il les détend et les rend plus étirables. Il peut aussi constituer un traitement en soi, en particulier quand la manipulation paraît contre-indiquée. Ceux qui débutent en médecine manuelle ont tout intérêt à en privilégier l’étude, car il constitue une excellente prise en main du patient et une éducation du toucher, préalable indispensable à une bonne pratique. Nous proposons ici quelques techniques simples d’étirement des tissus mous applicables aux lombalgies et dorsalgies communes, indépendamment de leur cause. Il s’agit de techniques de détente et d’étirement musculaire. Elles ont d’autant plus de chance d’être efficaces que la lésion vertébrale qui leur a donné naissance a été traitée efficacement, ou qu’elle est en voie de guérison spontanée (car la contracture peut persister par un simple mécanisme réflexe).
Il s’agit ici d’un étirement longitudinal portant sur l’ensemble des érecteurs du rachis lombaire. La main droite de l’opérateur prend appui sur le sacrum et l’aile iliaque, sa main gauche sur le rachis thoracique supérieur. Leur direction est perpendiculaire l’une à l’autre. Les bras de l’opérateur sont tendus, son buste est penché en avant afin d’appuyer de tout son poids et de le transmettre aux structures osseuses. Il se produit ainsi un effet d’écartement des structures vertébrales avec une contrainte en flexion. Seule la main supérieure effectue une traction, la main inférieure étant en fait un point d’appui fixe (fig. 1).
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Figure
1 |
Il existe une variante, plus puissante, de cette technique. Elle est représentée figure 2 et 3. Ici, les bras sont croisés, tendus comme dans la technique précédente et les deux mains sont sur un même axe, prenant appui sur l’extrémité supérieure et inférieure du rachis. C’est le poids du corps qui écarte les mains vers le haut et vers le bas. Ces deux techniques doivent être rythmées par la respiration de l’opérateur. La poussée se fait sur une expiration. Il la maintient de tout son poids. Elle dure environ 5 secondes puis il relâche sa pression. On peut le refaire deux ou trois fois par technique.
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Figure
2 |
Figure
3 |
Ici, il ne s’agit pas d’un étirement longitudinal mais d’une manœuvre qui s’apparente à certaines techniques de reboutage. Le patient est en décubitus ventral. Le praticien se met sur le côté de la table en arrière, à son niveau. Afin d’être à bonne hauteur il se met en fente, et croise ses doigts d’abord comme montré sur la figure 4 puis les applique sur les muscles (fig. 5). Le principe est de charger les muscles paravertébraux avec la paume des deux mains. Ce sont les coudes de l’opérateur qui s’abaissent progressivement afin de charger le maximum de masse musculaire lombaire. Les deux coudes et les deux mains se rapprochent progressivement de façon à ramener les muscles vers la ligne médiane et à les maintenir dans cette position 4 à 5 secondes. Le mouvement est comparable à un mouvement de casse-noisette. On voit bien sur les figures 6 et 7 le travail d’abaissement progressif des coudes. C’est le tronc qui s’abaisse pour abaisser les coudes. La manœuvre se termine l’opérateur étant pratiquement au-dessus du patient (fig. 9). C’est une technique puissante qui demande peu d’effort au praticien.
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Figure
5 |
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6 |
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Figure
7 |
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8 |
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| Figure
9
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Les muscles fessiers sont très souvent le siège de cordons myalgiques en cas de lombalgie. Ces cordons peuvent à leur tour être responsables de douleurs projetées dans les membres inférieurs. Leur recherche fait partie de l’examen clinique. Ils peuvent bénéficier d’un traitement spécifique telles que les techniques d’étirement. La technique illustrée figure 10 réalise un « malaxage » appuyé qui détend bien le muscle. Ici aussi, les bras sont tendus, les mains superposées et le mouvement général est un mouvement circulaire comparable à celui d’une meule. L’opérateur appuie de tout le poids de son buste.
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| Figure
10
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Les muscles internes de l’omoplate (rhomboïdes, trapèzes, levator scapulae), mais aussi l’ilio-costal doivent être travaillés dans le cadre des douleurs scapulo-dorsales (dorsalgies, scapulalgies, épaules gelées). Nous présentons ici quelques techniques. Le patient est installé en décubitus latéral gauche pour un travail sur l’omoplate droite. Son bras gauche est en avant. Son bras droit est allongé le long du corps. Le praticien assouplit d’abord l’articulation omo-thoracique en la mobilisant de façon longitudinale et circulaire. Ceci peut se faire soit bras levé au-dessus de la tête du patient soit bras en abduction. Dans ce dernier cas, la mobilisation comporte un élément de traction sur la gléno-humérale et de soulèvement de l’omoplate (fig. 11, 12). Lorsque cette mobilisation est achevée et l’articulation assouplie, le praticien se penche en avant pour repousser l’omoplate vers l’arrière et la faire saillir par rapport au thorax (fig. 13). Il introduit alors deux à trois doigts sous la pointe de l’omoplate et continue à effectuer de petits mouvements de circumduction. L’angle inférieur étant ainsi bien dégagé, le praticien introduit sa main droite sous l’angle supéro-interne de l’omoplate et continue à l’entraîner dans de petits mouvements de circumduction avec les deux mains (fig. 14). En fin de manœuvre, il y a un travail d’étirement sur les muscles fixateurs de l’omoplate à l’aide des deux mains. Les doigts sont en position de traction d’abord proche l’un de l’autre. Ils s’écartent progressivement puis très rapidement à la fin, pour donner un mouvement de fouet (fig. 15). Ce mouvement peut être répété 1 à 2 fois au maximum car il est puissant.
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Figure
11 |
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12 |
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Figure
13 |
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14 |
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| Figure
15
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Les figures 16 et 17 montrent une variante de cette technique avec une seule
main, ce qui n’est possible que sur un sujet maigre. Sur la figure 16,
les doigts sont introduits sous la partie supérieure du bord spinal de
l’omoplate. Ils s’enfoncent de 1 à 2 cm, puis le mouvement
est un mouvement d’abord circulaire de mobilisation puis d’étirement
et de traction vers le haut. La même manœuvre peut être utilisée
sur la partie inférieure de l’omoplate (fig. 17). Ici, c’est
le majeur qui est introduit sous l’omoplate. Il effectue des mouvements
de circumduction puis tire vers le bas. La fin du mouvement est très
rapide, comme un coup de fouet.
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Figure
16 |
Figure
17 |
Le sujet est en décubitus ventral, le praticien du côté opposé à celui à traiter. Les muscles sont chargés par deux doigts opposés sans que l’omoplate ne soit concernée (fig. 18). La manœuvre se fait en traction vers la ligne des épineuses et elle est maintenue 4 à 5 secondes. Ce sont les muscles seuls que l’on attire vers l’intérieur. Cette manœuvre peut aussi se préparer avec le pouce de la façon suivante :
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| Figure
18
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Le pouce charge les muscles supérieurs de l’omoplate (rhomboïde supérieur et angulaire et trapèze) (fig. 19). Il doit s’enfoncer profondément. Les muscles sont chargés perpendiculairement à leur direction. Puis la main supérieure vient renforcer cette prise. Le pouce maintient une traction maximale pendant 5 à 6 secondes environ. Le relâchement doit être brusque comme la corde d’un arc que l’on lâche (fig. 20).
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Figure
19 |
Figure
20 |