Revue de Médecine Orthopédique 1994 ;35 : 11-12
LE GLISSE ARTICULAIRE :
UNE TECHNIQUE DE MOBILISATION LOMBAIRE
La technique de "Glissé Articulaire" que nous présentons a été décrite par R. Sohier. Il s'agit d'une technique manuelle qui peut être utilisée chez des patients âgés, en particulier en cas de douleur lombaire aiguë. Pour décrire la technique, nous prendrons pour exemple une douleur lombo-sciatique gauche.
a) Position initiale
du patient
Le patient est couché en décubitus latéral strict sur le côté opposé à la douleur. Le membre inférieur douloureux (ici le gauche) est stabilisé en flexion de hanche et du genou par un coussin épais de façon à ce que le bassin reste perpendiculaire à la table. Le patient est ainsi en position de repos articulaire (fig. 1).
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b) Position du médecin
Debout, face au patient, bien stable sur ses membres inférieurs légèrement écartés et fléchis. La mobilisation analytique se réalise alors en cinq temps successifs.
a) Le premier temps dégage le segment douloureux par une mise en cyphose du rachis lombaire. Le médecin sollicite par de petites pressions sur le sacrum et l'aile iliaque une mise en cyphose de l'étage vertébral douloureux. Cette mise en cyphose se fait donc par le bas et non par le haut (ne pas tirer sur l'épaule). Elle vise à décoapter les facettes (fig. 2).
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b) Le deuxième temps :
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Le praticien se place à la tête du lit d'examen, saisit le bras droit (côté
non douloureux) et imprime un étirement axial (étirant la colonne vers le
haut) progressif qui doit arriver jusqu'à l'étage vertébral douloureux (fig.
3).
c) Le troisième temps :
Il consiste à verrouiller les étages à ne pas solliciter. Ils sont pour cela placés en rotation, l'étage lésé devant rester libre. La direction de l'étirement du bras, qui était axiale (parallèle au rachis), devient hélicoïdale pour "vriller" le rachis jusqu'à l'étage sus-jacent à l'étage douloureux (fig. 4).
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Il s'agit de solliciter surtout la facette articulaire du côté douloureux
de manière à y déterminer un écartement supplémentaire. C'est le temps thérapeutique.
Le médecin place sa main (ici la gauche) et son avant-bras sur l'aile iliaque,
l'autre main (la droite) positionne la pulpe des doigts au niveau des facettes
articulaires pour sentir le mouvement (fig. 5). Il fait alors un étirement
de l'aile iliaque, progressif en 3 temps. Par cette traction sur l'aile iliaque,
la facette est ainsi sollicitée en réaxation. La force développée par ce geste
ne dépasse pas le kilo en force. Elle doit être tangentielle aux surfaces
apophysaires, permettant une efficacité maximale. La glissade en divergence
ne comporte aucune composante algique puisqu'elle dégage toujours la lésion
discale ou inter-apophysaire. La remontée des appuis apophysaires améliore
l'efficacité du levier vertébral et permettra, en théorie, une "expansion
discale" plus ample (qui sera le cinquième temps).
e) Le cinquième temps :