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Un traitement médical
bien conduit n'évite pas toujours l'évolution des syndromes de
la charnière dorso-lombaire de MAIGNE (4,5) vers des formes chroniques
ou récidivantes. Rappelons que la douleur n'est pas ressentie à
son niveau d'origine, mais en périphérie : dans la région
lombaire basse ou sacro-iliaque lors de l'irritation des branches postérieures
D12 ou L1, l'irritation des branches antérieures de ces racines déclenchant,
selon les cas, des douleurs pseudo-viscérales, pubiennes ou trochantériennes.
Les conseils posturaux (2), qui ont pour but d'éviter une surutilisation
de cette charnière, sont parfois incompatibles avec la poursuite de certaines
activités professionnelles ou sportives. Nous avons donc tenté
d'établir un programme kinésithérapique destiné
à limiter les contraintes imposées à la charnière
dorso-lombaire chez ces populations à "hauts-risques"
Rappel
anatomo-physiologique |
Les 10 premières vertèbres dorsales forment un axe assez rigide dont les mouvements de rotations sont limités par l'orientation des facettes articulaires et le gril costal. Les articulaires postérieures supérieures de D12 sont de type dorsal, planes, orientées en arrière et en haut, obliques à 60° sur l'horizontale. Les articulaires postérieures inférieures de cette vertèbre sont de type lombaire, cylindriques, orientées en avant, inclinées à 90° sur l'horizontale (3). Ainsi le segment mobile D11-D12 est le dernier à posséder un grand degré de liberté en rotation.
Le mouvement est freiné brutalement au niveau du segment D12-L1. D12 apparaît donc, comme le butoir supérieur des mouvements de flexion-extension du rachis lombaire et le butoir inférieur des mouvements de rotation du rachis dorsal. Sur le plan cinésiologique, le segment mobile D12-L1 constitue le lien de transition des courbures sagittales (cyphose dorsale - lordose lombaire). C'est le point d'inflexion des contraintes pendant la marche et des rotations en position assise (1).
Ces différents éléments anatomo-physiologiques expliquent que la pathologie de surmenage à ce niveau est essentiellement articulaire postérieure. Les discopathies par contraintes axiales y sont rares et le plus souvent d'origine traumatique. Notons que les segments D10-D11 et D11-D12 sont aussi très sollicités dans les mouvements de rotations, ce qui explique la fréquence des dérangements inter-vertébraux mineurs retrouvés à ce niveau.
Implications
pratiques |
D12 apparaît
par son anatomie comme un obstacle "incontournable". Son verrouillage
est impossible. On peut cependant s'efforcer d'en limiter les contraintes, ainsi
que celles imposées à D10 et D11, en atténuant au maximum
les raideurs des segments sus et sous-jacents, membres inférieurs compris.
Le premier temps de la rééducation comportera donc une réduction
de ces pertes de mobilité par des techniques de postures et d'auto-postures.
Ces raideurs sont le plus souvent d'origine articulaire au niveau dorsal et
musculaire au niveau lombaire.
Dans un second temps, on pourra effectuer un renforcement musculaire des plans
musculaires superficiels antérieurs et postérieurs, puis "un
réveil proprioceptif" des plans musculaires profonds par une mobilisation
segmentaire.
Assouplissements
articulaires et musculaires |
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ASSOUPLISSEMENTS
ARTICULAIRES DORSAUX ÉTIREMENTS
MUSCULAIRES DORSAUX
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ASSOUPLISSEMENTS
ARTICULAIRES LOMBAIRES ÉTIREMENTS
DES MASSES SACRO-LOMBAIRES ÉTIREMENTS
DU PSOAS (fig. 5) ÉTIREMENT
DES MUSCLES LONGS |
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RENFORCEMENT
MUSCULAIRE
Pour effectuer ce travail de renforcement musculaire, nous choisissons toujours les contractions isométriques maximales contre opposition manuelle en position corrigée. |
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MOBILISATION
SEGMENTAIRE Transversaires épineux, épi-épineux et petit dentelé postérieur et inférieur sont les principaux muscles concernés. La position
assise doit être utilisée en premier, car elle permet de
mieux contrôler l'exécution des mouvements et de "stimuler"
chaque étage par pression ou opposition sur les apophyses épineuses
(Fig. 8). |
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La position
quadrupédique permet une combinaison des mouvements de flexion-extension
et rotation à chaque segment, aboutissant à une reptation.
On peut faire travailler seul le sujet, en faisant progresser une balle
dans la gouttière des épineuses (fig. l0 et 11). Le même exercice effectué en décubitus représente le stade ultime de cette séquence rééducative Fig.12. Ce programme de rééducation devra être complété par : - un apprentissage des règles d'ergonomie rachidienne (2), - un renforcement des quadriceps et des pelvi-trochanteriens, - des exercices d'ajustement posturaux lombo-pelvien en position assise et debout (bascule pelvienne). Cette rééducation techniquement simple, nécessite cependant de part sa personnalisation, une collaboration très étroite entre le médecin prescripteur, le kinésithérapeute et le patient. Elle s'adresse avant tout à des patients motivés, sportifs pour la plupart, victime d'une surutilisation obligatoire de leur charnière dorso-lombaire (tennis, ski, football, golf). Son but est de diminuer les contraintes imposées à cette charnière dans les mouvements de rotation du tronc en jouant d'une part sur l'utilisation de l'ensemble des segments du rachis dorsal et lombaire lors de ces mouvements, en combattant les raideurs articulaires et musculaires de cet axe ; d'autre part, en amplifiant le rôle protecteur des muscles superficiels et d'ajustement postural des muscles profonds de la région dorso-lombaire. |
BIBLIOGRAPHIE
1 GREGERSEN G, LUCAS D. In "Physiologie articulaire" de IA KAPANDJI.
1 Vol, Paris, Ed. Maloine, 1975.
2 HALMAGRAND N. Problèmes de rééducation posés par
les lombalgies d'origine dorso-lombaire. In Lombalgies et Médecine de
Rééducation, 1 Vol. 258-263, Paris, Ed. Masson, 1983.
3 KAPANDJI IA. Physiologie articulaire. 1 Vol. Paris, Ed. Maloine, 1975.
4 MAIGNE R. Le Syndrome de la charnière dorso-lombaire : lombalgies basses,
douleurs pseudo-viscérale, pseudo-douleurs de hanche, pseudo-tendinite
des adducteurs. Sem Hop Paris, 1981, 57, 545-554.
5 MAIGNE R, MAIGNE JY. Syndrome des branches perforantes latérales des
nerfs sous-costal et abdommo-génital (D12 et L1). Une cause méconnue
de douleurs de hanche d'origine vertébrale ou locale. Ann Réadapt
Med Phys 29 (1086). 29-37
6 REVEL M, SAMUEL J, ANDRES JC. Physiologie du muscle psoas major. Etude EMG
et déduction pour la kinésithérapie. Annales de Kinésithérapie,
Tome 9, 1982,7-39.