La Lettre de la SOFMMOO n°15
Avril 2006

Lettre trimestrielle d'information et de liaison entre nos membres

Le mot du Secrétaire Général


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LE CONTRAT COLLABORATEUR :
Réflexion sur son adaptation aux médecins immigrants

 

Situation démographique et libre circulation des médecins en Europe

Le risque de migrations de médecins d’un pays à l’autre ne se pose pas ou ne se posera guère lorsque les pays se trouvent à des niveaux économiques proches les uns des autres.

Et encore ne concerne-t-il que les zones frontalières (exercice transfrontalier, plutôt que immigration réelle). Concernant les 10 pays entrés en 2004 au sein de l’UE, l’écart entre les niveaux de vie est susceptible de donner des idées migratrices à nombre de médecins de ces pays (avec des flux d’autant plus faciles que ces pays sont francophones : Pologne et Roumanie par exemple). Devant les carences d’effectifs dans certaines spécialités (dont la notre au premier rang), les pouvoirs publics ne se priveront sans doute pas de laisser affluer ces nouveaux immigrants.

Comment aborderons–nous cette situation, et quelles garanties donnerons-nous à nos patients que le service attendu est à la hauteur des espérances, et nous savons les grandes disparités dans la formation des MMO, même dans les grands pays « fondateurs » de l’UE ? Qu’en est-il dans les 10 nouveaux pays… Je vous laisse le soin de l’imaginer.

L’avenir de nos cabinets de ville

Je me suis déjà assez longuement, et de façon répétitive, exprimé sur ce sujet, à la SOFMMOO et en dehors, mais le retour n’a pas été à ce jour, à la hauteur du problème. Car je ne fais pas partie des gens qui pensent que l’arrivée des non-médecins, ou autres officiers de santé va résoudre les problèmes de santé des français, qui ont d’autres attentes. Je ne fais pas partie des gens qui accepteront d’être traités sur le plan rééducatif et manuel par des « ersatz ». La MMO n’étant pas une compétence d’acquisition purement intellectuelle, mais un savoir-faire (comme la chirurgie par exemple), la formation par compagnonage est sans doute la meilleure, en parallèle avec la formation théorique actuellement délivrée par les DIU.

Les nombreuses enquêtes effectuées auprès des médecins (jeunes installés, installés chevronnés, enseignants universitaires entre autres), et relayées dans des publications de grande diffusion, et en particulier les bulletins de l’Ordre des médecins, font apparaître le fossé existant entre la formation théorique acquise à l’université, et la demande sur le terrain. Si l’on y ajoute les tracasseries administratives, les charges croissantes de la médecine de ville,etc., on comprend le peu d’empressement des jeunes à embrasser la carrière libérale.

Le conseil de l’Ordre a donc réfléchi depuis de longues années au statut de médecin collaborateur et a résolu l’essentiel du problème juridique et administratif. Transposé à notre spécialité, il reste à résoudre le problème de l’acquisition des compétences, pratiques, à savoir le bon vieux SAVOIR-FAIRE, sans lequel le SAVOIR n’est que de peu d’intérêt. Et ceci explique sans doute l’essentiel des problèmes financiers de notre chère Sécurité Sociale, mais pour l’instant cette interprétation n’a pas encore été abordée par les instances « hautement décidantes » de notre système de soins. Plus dure sera la chute…à moins que l’autofinancement par le déficit soit la théorie inavouée de nos stratèges « es économie de santé », ou « es dépenses » comme l’on voudra.

Se préparer à jouer GAGNANT-GAGNANT ?

- Pour le jeune collaborateur : pas de contraintes dissuasives (non partage des charges, pas de clause de non réinstallation, acquisition de compétences en immersion directe sur le plan médical, mais aussi sur le plan de la gestion).

- Pour le titulaire: formation sur mesure d’un futur collaborateur, puis successeur de haut niveau, avec transmission en douceur des compétences vers les patients (toujours plus exigeants), et maintien de l’entreprise à son niveau, avec les conséquences sur l’emploi (puisque rappelons que les artisans et professions libérales sont bel et bien le 1° employeur dans notre pays).

Mais voila !!

Pour que tout ceci puisse fonctionner, faut-il que la demande soit réelle de la part des jeunes. Actuellement les effectifs en 2° année de médecine oscillent entre 60 et 80% de jeunes femmes, attirées par d’autres activités que la MMO, la chirurgie orthopédique, l’obstétrique, etc. Toutes spécialités où le SAVOIR-FAIRE et la résistance physique sont une condition sine qua non du résultat thérapeutique. Dès lors, n’y a-t-il pas urgence à programmer très rapidement la formation de futurs immigrants, à destination de nos officines de MMO ? La question est posée.

Dans l’attente de vos réactions et réflexions, acceptez mes vœux de bonne préparation de l’avenir, qui ne se fera qu’au pro rata de votre engagement personnel.

Norbert TEISSEIRE
S.G. de la SOFMMOO