La Lettre de la SOFMMOO n°15
Avril 2006

Lettre trimestrielle d'information et de liaison entre nos membres

Le mot de François Dumont


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MEDECINE MANUELLE ET/OU OSTEOPATHIE ? Avons-nous des certitudes ?

L’empirisme dominerait-il encore le concept d’ostéopathie ? Des rebouteux et « bonne-setters » aux « ostéopathes » élèves de A.T. Still, des « chiropractors » élèves de Palmer, puis aux élèves de Robert Lavezzari, de Robert Maigne, d’Eric de Winter, tous ont tenté de donner des explications neuro-physiologiques à l’action thérapeutique des manipulations vertébrales.
Pour nous, élèves de Robert Maigne, nous appliquons les techniques d’examen reproductibles inter-examinateur qui mettent en évidence une souffrance segmentaire, que nous appelons DIM pour « dérangement » ou « dysfonctionnement », « inter-vertébral » ou « segmentaire », « mineur » ou « réversible ».

Les thérapeutiques manuelles dont les manipulations vertébrales soulagent très souvent ces désordres purement mécaniques dont la douleur est un des signes d’appel. Malgré l’évidence de l’efficacité de nos manipulations, nous avons de grandes difficultés à faire de la médecine manuelle un exercice basé sur les preuves.

Pour nous médecins, les explications neuro-physiologiques ne sont que des hypothèses tant pour le déclenchement et la pérennisation des « dysfonctionnements » que pour le mode d’action des manipulations que nous utilisons. Pour des différentes écoles dites « d’ostéopathie » existent des affirmations pseudo-scientifiques divergentes et parfois contradictoires. En parlant d’un « état » et de lésions ostéopathiques. Les thérapeutes non-médecins peuvent appliquer une ou plusieurs des techniques suivantes :

1 – techniques vertébrales structurelles,
2 – techniques pariétales structurelles,
3 – techniques neuro-musculaires,
4 – techniques sédatives,
5 – techniques myotensives,
6 – techniques faciales,
7 – techniques dynamiques,
8 – techniques neuro-méningées,
9 – techniques viscérales,
10 – techniques somato-émotionnelles,
11 – techniques crâniennes,
12 – techniques de posturologie,
13 – techniques embryologiques !

En ce qui concerne ces techniques, les médecins diplômés de « Médecine Manuelle - Ostéopathie » utilisent tous les neuf premières. Celles-ci sont en outre connues, enseignées et pratiquées par les kinésithérapeutes, qui n’ont toujours pas l’autorisation de pratiquer les « mouvements forcés sur les articulations ».
Les autres techniques ne reposent actuellement sur aucune preuve scientifique. La posturologie est souvent utilisée pour établir des diagnostics mais non comme technique thérapeutique. Les techniques somato-émotionnelles sont plutôt neuro-psychiques. Les techniques crâniennes se basent sur une mobilité des os du crâne qui n’a jamais été mise en évidence sur l’adulte et qui reste discutable chez l’enfant. Enfin, comment peut-on définir une technique embryologique ?

Pour nous médecins, le doute ne doit jamais nous quitter : toute douleur que l’on baptiste mécanique ou « réflexe », tout « dérangement inter-vertébral » ou « dysfonctionnement segmentaire » peut cacher « la maladie », que l’affection soit sur l’appareil locomoteur ou viscérale.

Conclusion : une démarche ostéopathique ne peut être finalement que médicale et ne peut être enseignée et validée que par un diplôme d’état, et seulement dans une faculté de médecine.

Membre du CA de la SOFMMOO