| La
Lettre de la SOFMMOO n°13 Lettre
trimestrielle d'information et de liaison entre nos membres |
|
|
|
Toutes les techniques en MMO se valent elles ? La question semble provocatrice, mais en analysant les résultats thérapeutiques de mes divers enseignants, elle prend tout son sens. J’ai choisi de revoir mes 30 ans d’expérience (depuis 1974) et de comparer les différentes méthodes de traitement que j’ai pu utiliser. Nouveau diplômé en kinésithérapie en 1974, je sortais des stages de rééducation classique en milieu hospitalier où les traitements manuels étaient sous représentés. Le premier pratiquant, M Cullioli, âgé de 75 ans, kinésithérapeute, pratiquait le massage réflexe, comprenant massages du tissus conjonctif, massages ligamentaires et tendineux, massages du périoste selon Vogler et bien sur massages musculaires. Il y ajoutait les mobilisations articulaires et celles du rachis, avec ou sans manipulations. Les traitements individuels étaient longs (45 minutes à 1 heure), ses techniques puissantes et souvent douloureuses. Le deuxième
était chiropractor. Il traitait toutes les pathologies uniquement
par le « recoil » et quelques manipulations en rotation du
rachis, jamais les articulations périphériques. Nous citons d’autres thérapeutes prestigieux qui enseignent dans les divers DIU ou associations de MMO. Progressivement, leurs techniques deviennent de plus en plus douces et précises. Et même en utilisant de grands bras de levier, la mise en tension initiale ne demande pas de geste brusque. Pour le rachis cervical en particulier, ils manipulent « du bout des doigts ». Actuellement, les techniques manuelles se sont développées et diffusées sous l’impulsion des DIU créés en faculté de médecine. Nous constatons
que tous ces thérapeutes ont réussit à créer
leur propre technique : la Cullioli-thérapie, la Reiner-thérapie,
la Sohier-thérapie, sans parler de l'école de R. Maigne
(qui met en priorité l'accent sur les indications [syndromes vertébraux]
des techniques manuelles et les règles de leur mise en oeuvre).
Elles sont la synthèse de leurs acquis, les différentes
techniques initiales, transformées et retransmises après
maturation auprès de leur propre personnalité. Les techniques
les plus fortes aussi bien en massages, mobilisations passives, manipulations,
que les plus longues qui duraient plus d’une demi heure ne me sont pas
apparues à moyen terme plus efficaces que celles qui étaient
les plus douces. En conclusion,
nous pourrions dire que toutes les techniques sont efficaces dans la mesure
où le thérapeute a des bases médicales et pose
un diagnostique précis et si possible étiologique de la
pathologie. Car en médecine manuelle, c'est avant tout l'indication
qui compte. Les meilleures manipulations seront sans effet si
l'indication est mauvaise. Les techniques violentes et très fortes
sont abandonnées. Les praticiens les plus expérimentés
s’orientent progressivement vers les plus douces. Ils gagnent également
en rapidité, par la précision du geste. Très cordialement Jean-Marie
Soulier
|
|