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La Lettre de la SOFMMOO N°12 Juillet 2005 Lettre
trimestrielle d'information et de liaison entre nos membres |
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Avis de mobilisation générale urgent. Les TMS : un fléau
plus redoutable que le mal de dos
Lors d’une précédente assemblée générale, j’attirais l’attention sur le défi qui nous était lancé, en tant que spécialistes des troubles posturaux (et appelés à rester les seuls, après la disparition des MPR libéraux et la forte diminution des rhumatologues prévisible dans les années à venir).
Les TMS seront au centre des préoccupations du Ministère du Travail pour l’année 2005. Le hasard du calendrier m’a conduit d’Angers à Marseille au début du mois d’octobre 2004 (Congrès des médecins agréés) puis à Dinard pour discuter des TMS, sous l’angle médico-administratif, thérapeutique puis prophylactique. Quel que soit l’abord du problème, le constat est le même : on est dans une impasse médicale et financière. Le nombre de déclarations de Maladie Professionnelle au tableau 57 accuse une augmentation quasi exponentielle qui, après avoir inquiété les chefs d’entreprise, commence à préoccuper sérieusement les compagnies d’assurance et la Caisse des Dépôts (pour la fonction publique).
Plusieurs facteurs concourent à cette situation :
Et les faits et chiffres sont impitoyables. Nos consultations d’expertise sont embouteillées de multi-balafrés plus ou moins reclassés, plus ou moins guéris et qui ne se distinguaient souvent pas au départ de monsieur X ou madame Y traités selon les règles de l’art, avec patience et finalement guéris, avant même d’avoir évoqué la possibilité d’imputer un facteur professionnel. Ceci ne se fait pas sans peine : prise de conscience de son corps, respect de celui-ci, contrôle respiratoire, reprogrammation à l’effort, surveillance clinique même en phase asymptômatique. Mais voilà, ceci suppose la redécouverte de la clinique et de la physiologie, classées sciences mortes par toute une génération acquise à l’infaillibilité du paraclinique et du tout technologique.
Mais la polémique est mauvaise conseillère. Restons en prise avec le réel quotidien….et laissez moi vous conter l’histoire de madame Ella PATCHANZE. Patiente sans antécédent pathologique notable, mère de trois enfants, elle subit en 1976 un choc direct sur le poignet droit et se plaint rapidement d’ irradiations douloureuses axillo-pectorales avec impression d’échauffement cutané. Aucune exploration n’est proposée et les douleurs sont classées psychogènes.
Ici, je suggère une minute de silence, en mémoire des légions de patients , qui de près ou de loin , ont eu une histoire clinique similaire et un parcours aussi palpitant. Ce type de parcours préoccupe de plus en plus nos amis médecins du travail et les médecins conseils de Caisse. Qui mieux que nous sait démembrer et traiter ce type de patient dans le cadre d’études posturales fouillées, avec des méthodes thérapeutiques fiables, fondées sur des bases neuro-anatomiques solides et efficaces dans la grande majorité des cas ?
Quelques études cliniques d’envergure, une ou deux thèses, seraient les bienvenues pour asseoir un peu plus ces notions et constitueraient une excellente préparation à des présentations d’excellent niveau pour un congrès de MMO. Sachons mettre en valeur notre savoir faire, qui n’est pas seulement le fruit de la lecture de méta analyses rédigées par des statisticiens peu rôdés à la sémiologie clinique fine, mais surtout celui de l'expérience.
N’hésitons pas bien sûr à soumettre de tels travaux à des groupes de contrôle ad hoc (statisticiens, épidémiologistes, experts ANAES, etc.) et continuons d’apporter à de nombreux patients des traitements dont le ratio efficacité-coût reste un des plus performants du marché.