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La Lettre de la SOFMMOO N°6 Janvier 2004 Lettre
trimestrielle d'information et de liaison entre nos membres |
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Le traitement de la tendinopathie calcanéenne en Médecine Manuelle Ostéopathique
La tendinopathie calcanéenne (ex-achilléenne) fut le thème de l'atelier de la SOFMMOO au congrès de Médecine du Sport à Toulouse. L'atelier a été animé, au nom de la SOFMMOO, par les Drs Mondoloni, Le Faou et Prat. Gilles Mondoloni a accepté de répondre à quelques questions sur les rapports entre Médecine du Sport et Médecine Manuelle Ostéopathie.
Parlez
nous de la tendinte calcnéenne. En quopi sommes nous concernés
?
GM : Cette tendinite est très répandue, notamment dans
les sports d'impulsion et de course de fond. Elle est le corollaire d'une surcharge
mécanique de toute la chaîne anatomique et fonctionnelle de propulsion
de la cheville et du pied. Elle est favorisée par certaines dysfonctions
biomécaniques du pied, de la cheville voire du rachis lombosacré.
Un interrogatoire méticuleux et un examen clinique programmé rigoureux
aboutissent aisément à ce diagnostic. En revanche, le traitement
est souvent long, difficile et parfois incertain.
L'arsenal thérapeutique classique, qu'il soit médicamenteux, orthésique,
rééducationnel ou éducationnel, donne fréquemment
de bons résultats. Sans s'opposer à la médecine classique
mais en la complétant, la médecine manuelle ostéopathique
(MMO) propose une prise en charge thérapeutique souvent rapide, atraumatique,
performante et économique.
Son recours permet d'obtenir une meilleure récupération de la
mobilité articulaire, une indolence et une levée de sidération
musculaire plus rapide, écourtant ainsi le délai de récupération.
Les techniques sont très variées : les mobilisations et manipulations
ostéo-articulaires, les techniques musculaires, les techniques de pressions
glissées et de reboutement sont les outils de la redécouverte
de notre patient.
Quelle
est la place de la MMO dans la prise en charge du sportif ?
GM : Il s'agit d'une approche diagnostique et thérapeutique
très performante, complémentaire de l'approche médicale
classique en traumatologie du sport, en médecine physique ou en rhumatologie.
La MMO s'intègre parfaitement dans les schémas diagnostiques et
thérapeutiques actuels de l'abord du sportif blessé.
Quels sont
les modes d'action de la MMO ?
GM : La MMO va permettre une restitution rapide des capacités
fonctionnelles des différents éléments anatomiques d'une
zone traumatisée. Son approche résulte d'une connaissance fine
de la biomécanique locale et globale de la zone anatomique concernée.
Toutes les structures anatomiques constituant, par exemple, une articulation
traumatisée (os, muscles, ligaments, capsules, tendons, nerfs) font l'objet
d'une mécanisation active de la cicatrisation. La MMO vise à obtenir
une récupération d'une mobilité articulaire, d'une indolence,
d'un verrouillage capsulo-ligamentaire et musculaire optimaux afin d'écourter
le délai de guérison, de soulager la gêne fonctionnelle
et la douleur, ou de stabiliser la lésion lorsque la guérison
est illusoire.
Comment
est perçue la MMO par les médecins du sport ?
GM : La MMO est encore une spécialité peu connue
des médecins du sport. Elle répond à un désir de
rédécouvrir l'anatomie et la physiologie fine de l'appareil locomoteur
qui est restée longtemps l'apanage des kinésithérapeutes
et de quelques médecins avertis. Elle correspond à une volonté
de développer un toucher éclairé et de traiter le sportif
de manière naturelle. Le médecin du sport veut ressentir le contact
du patient et être en phase avec ses réactions au détriment
d'une médecine chimique, peu physiologique et impersonnelle.
Quelle
politique doit suivre la SOFMMOO par rapport à cette spécialité
?
GM : Je pense que la SOFMMOO doit s'impliquer fortement dans
la formation des médecins afin de leur faire découvrir les atouts,
le bien-fondé mais également les limites de la MMO. La MMO doit
pouvoir s'intégrer dans l'offre de soins disponible en matière
du traitement de la douleur et de rééducation fonctionnelle et
montrer son originalité.
La MMO n'est encore que très peu connue et malheureusement encore souvent
injustement décriée. Le développement de congrès,
symposiums à contenu mixte, théorique avec mise au point des études
cliniques en la matière, et surtout pratique, devrait attirer de plus
en plus de confrères. Je pense ainsi que le développement de manifestations
scientifiques très ouvertes où se côtoient différents
courants de pensée et d'intérêt (rhumatologie, rééducation
fonctionnelle, posturologie, podologie, chirurgie,...) serait un grand pas vers
l'acceptation définitive de la MMO.