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Prévention des accidents vertébro-basilaires après manipulation cervicale
Recommandations de la SOFMMOO
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Introduction |
Au cours de cette table ronde, l'un
des intervenants a insisté sur les modifications anatomiques qui prédisposent
à ce type d'accident, à savoir une hypermobilité en C1-C2 associée avec une
boucle artérielle vertébrale C1-C2 trop peu développée. Malheureusement, cette
anomalie n'est pas détectable de façon simple. Les manipulations en cause
semblent être celles où la composante rotatoire est importante, puisqu'elle
met directement en tension l'artère vertébrale.
Enfin, il y a eu unanimité pour
considérer que les tests pré-manipulatifs n'avaient pas de réelle valeur prédictive.
Puisque ce type d'accident est totalement
imprévisible, la seule façon d'en diminuer la fréquence est de diminuer le
recours aux manipulations cervicales, en particulier celles qui utilisent
la rotation. C'est la femme de moins de 50 ans qui parait le plus souvent
atteinte par ce type de complications. C'est donc sur elle que doit se focaliser
la prévention.
Les recommandations de la Société
Française de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathique sont les suivantes.
Première
recommandation |
Commentaire
: Cette constatation amènerait à contreindiquer formellement toute manipulation
cervicale dans la crainte d'une possible récidive, éventuellement sur un mode
plus grave.
Deuxième
recommandation |
Commentaire
: Dans ce cas, la douleur est apparue depuis un à deux jours et elle
est postérieure ou latérale. Elle s'accompagne souvent de manifestations diverses
(céphalées, nausées, petites sensations vertigineuses...) L'examen neurologique
doit comporter au moins une étude des réflexes du membre supérieur et, en
cas d'anomalie, être plus approfondi.
Troisième
recommandation |
Les manipulations cervicales sont absolument contre indiquées lorsque la douleur pour laquelle le patient est venu consulter ne peut être rapportée au rachis cervical.
Commentaire : En
particulier, il est inacceptable que des patients venus pour une lombalgie
voient leur rachis cervical manipulé sous des prétextes divers et contestables.
Dans le cas de douleurs dorsales hautes qui peuvent être des douleurs projetées
à partir du rachis cervical, il est important de faire constater au patient
la présence d'une dysfonction cervicale et de lui expliquer pourquoi on la
traite. Il en est de même pour certaines douleurs projetées du membre supérieur.
Quatrième
recommandation |
Commentaire
: La reconnaissance par l’Ordre d'un diplôme de Médecine Manuelle-Ostéopathie
dans un cadre universitaire est, a cet égard, un élément important a prendre
en considération.
Cinquième
recommandation |
Il n'est pas recommandé de recourir aux manipulations cervicales rotatoires chez la femme de moins de 50 ans.
Commentaire
: On utilisera plutôt, outre les traitements médicamenteux classiques,
des traitements manuels consistant en mobilisations et étirements du rachis
cervical, en techniques myotensives, ou en manipulations du rachis thoracique
supérieur. Ces manipulations permettent d'étirer et de détendre des muscles
aussi importants que les splénius ou les semispinalis dont on sait que l’insertion
basse se fait jusqu'en T4-T5 voire T6. Il faut aussi noter qu’il existe des
arguments scientifiques pour penser que les manipulations en latéro-flexion
cervicale sont sans risque particulier (absence de ralentissemnt du flux sanguin
vertébral mesuré par Doppler lors de la latéro-flexion)..
Les techniques en rotation, a priori
sans aucun risque chez les sujets de plus de 50 ans, doivent être faites avec
beaucoup de douceur et précédées d'une mise en tension poussée pendant environ
dix secondes afin d'améliorer la compliance des tissus. En effet, et bien
que ceci n'est jamais été montré, il est très probable que le risque vasculaire
est proportionnel à la puissance de l'impulsion manipulative.
Enfin, il parait indispensable d'expliquer
au patient la possibilité de vertiges ou de maux de tête après le traitement,
dont la survenue nécessiterait de contacter immédiatement le médecin.
Voir
aussi :
Les recommandations
de la Société Britannique de Médecine Orthopédique :
Assendelft WJJ, Bouter LM, Knipschild PG. Complications of spinal manipulation.
A comprehensive review of the literature. J Fam Pract 1996 ; 42 : 475-80
Auquier L. Les complications neurovasculaires des manipulations du rachis cervical. Point de vue d'un expert judiciaire. Rev Méd Orthop 1998 ; 52 : 14-5
Beran RG, Schaefer A, Sachinwalla T. Serious complications with neck manipulation and informed consent. Med J Aust 2000 ; 173 : 213-14
Carey PF.A report on the occurence of cerebral vascular accidents in chiropractic pratice. J Can Chiroprac Assoc 1993 ; 37 : 104-6
Conseil National de l'Ordre des Médecins. Réflexions sur le principe de précaution. Rapport présenté à la 221e session. April 1999.
Dabbs V, Lauretti W. A risk assessment of cervical manipulation vs. NSAIDs for the treatment of neck pain. J Manipulative Physiol Ther 1995 ; 18 : 530-6
Dvorak J, Baumgartner H, Brun L et al. Consensus and recommendations as to the side-effects and complications of manual therapy of the cervical spine. Manual Medizin 1991 ; 6 : 117-8
Haldeman S, kohlbeck FJ, McGregor M. Unpredictability of cerebrovascular ischemia. Associated with Cervical spine manipulation therapy. A review of sisty-four cases after cervical spine manipulation. Spine 2002 ; 27 : 49-55
Hurwitz EL, Aker PD. Adams AH, Mecker WC, Shekelle PG. Manipulation and mobilization of the cervical spine. Spine 1996 ; 21 : 1746-60
Lecocq J, Vautravers P. Fréquence des accidents des manipulations vertébrales. Ann Réadapt Méd Phys 1996 ; 39 : 398
Lecocq J. Vautravers P. Complications des manipulations vertébrales. Fréquence, aspects cliniques, pathogéniques et thérapeutiques. Prévention. Ann Réadapt Méd Phys 1995 ; 38 : 87-94
Lee KP, Carlini WC, Cormick GF Albers GW Neurologic complications following chiropractic manipulation: a survey of californian neurologists. Neurology 1995 ; 45 : 1213-5
Licht PG, Christensen HW, Hojgaard P, Hoilund-Carlsen PF. Triplex ultrasound of vertebral artery flow during cervical rotation. J Manipulative Physiol Ther 1998 ; 21 : 27-31
Maigne JY, Berlinson G, Joseph P. Mezzana M, Rime B. La prévention des accidents vasculaires selon les différentes écoles manipulatives. Rev Méd Orthop 1998 ; 52 : 12-3
Maigne JY. Recommandations de la Société Française de Médecine Orthopédique et Thérapeutiques Manuelles. Paris, juin 1997. Rev Méd Orthop 1998 ; 52 : 16-7
Margarey M, Couglan B, Rebbeck T. Clinical guidelines for pre-manipulative procedures for the cervical spine. Melbourne : Australian Physiotherapy Association 2000
Patijn J. Complications in manual medicine : a review of the literature. J Manual Medicine 1991 ; 6 : 89-92
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Terret A.Missue of the literature by medical authors in discussing spinal manipulative therapy injury.. J Manipul Physiol. Ther 1995 ; 18 : 203-10
Waddell G. Evidence for manipulation
is stronger than that for most orthodox medical treatments. Br Med J 1999
; 318 : 262